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Nos vins dans les guides, presse. Nos distinctions.

Riesling Alsace Grand Cru Schlossberg 2010 Domaine Paul Blanck

Il coule doré dans le verre et semble y produire comme une aura, luminescence particulière d’un Riesling hors pair.
Le nez ne nous dévoile pas tout de suite la pertinence de ses fruits. Il faut un peu de temps, un moment pour se rencontrer, un instant pour s’apprivoiser, avant de montrer sa générosité. Mais aussi sa vivacité aux accents de citron mâtiné de mandarine, avec pour rendre l’esprit plus affuté, un peu d’iode et l’étincelle du silex. Enfin, un peu de piquant en forme de grains de poivre, histoire de rester attentif, de ne pas verser dans la guimauve. Notre vigilance en appréciera d’autant plus la goutte de musc distillée avec beaucoup d’intention.
La bouche douce, suave, ne dit rien. Du moins, pas tout de suite. On croyait avoir gagner, mais nous voilà à nouveau devant un exercice. Il nous demande d’explorer nos sensations, de faire le vide en nous pour mieux en apprécier toutes ses subtilités. Cette recherche personnelle nous entraîne d’un trait de réglisse vers la reconnaissance fine des arômes bien présents, même évidents, mais en attente de notre mise en condition pour se révéler. Tout est là, comme le trésor d’Ali Baba. Il fallait ressentir le sésame pour en faire surgir toute la largesse. Rose blanche et jasmin, cumin, écorce de cédrat confit, même quelques baies rouges qui luisent comme une poignée de gemmes à la fois cristallins et tranchants, encore de l’exotique curcuma, de la mirabelle bien de chez nous, enfin quelques amandes effilées. D’un coup, le grillé d’un bretzel nous ramène à la réalité, à notre environnement, nous sauve de cette plongée vertigineuse, de cette compression du temps qui en quelques secondes de concentration nous a permis d’explorer un monde aromatique bien plus profond qu’il n’y paraissait. Puis, le Riesling, certes satisfait de son effet, un peu goguenard, mais toujours élégant, se retire en faisant la révérence.
Le coteau du Schlossberg se perche à une altitude qui va de 200 à 300 m et les vignes y poussent dans un sol fait de migmatites de Kaysersberg et de granit intrusif de Thannenkirch décomposés en sables grossiers mélangés d’argiles. Cette arène en forte pente se décline en terrasse.
Vinification : extraction du jus par pressurage pneumatique lent. La fermentation des moûts est spontanée grâce aux levures indigènes et dure de 4 à 10 semaines sous température contrôlée en cuves en inox.
Élevage sur lie en foudre pendant 12 mois. Après la mise, le vin est encore élevé en bouteille durant 2 à 3 ans avant d’être commercialisé.
Le Riesling Grand Cru Schlossberg 2010 contient 20g de sucres résiduels pour une acidité de 9,1g.
25/10/2017
Domaine Paul BLANCK et Fils Vignerons d'émotion